Bertrand SCHLUND

L’âme ne meurt pas, l’âme reste toujours Belle et mystérieuse comme une forêt profonde et silencieuse, on ne s’y perd pas on s’y avance comme en eau profonde et… si l’on s’y trouve vraiment un jour, c’est comme pour toujours…

 

Pour ouvrir ce monde des forêts sombres et mystérieuses, prendre un guide gracieux, un destrier léger et audacieux, prendre le pinceau magique et délicieux …. et entrer dans l’univers des mondes du froid et du chaud, du calme et du feu… tout ce monde étrange et merveilleux d’Anne-Marie Reeb,  où le mariage secret des ombres et du temps, s’empreinte de nostalgie et de communion…

 

Car c’est de communion qu’il faut parler quand on parle des forêts d’Anne-Marie : communion des arbres et des âmes solidaires ou solitaires, communions en troncs immenses, presque parallèles proches et pourtant fortement individués. L’âme qui d’aventure pénètre en ces lieux doit être pure comme une lumière blanche qui perce les nappes d’eau, de brumes, ou les brouillards légers… Dans ces forêts profondes, le jet d’une lumière blanche jaillit comme une épée, comme une  flèche elle troue la canopée, alors le noir des feuilles tremble… Tout respire en silence, tout est contenu comme dans le sombre mystère d’une chambre forte…

 

Anne-Marie, c’est donc le mariage de la lumière sous toutes ses formes, d’évanescences brumeuses aux noires profondeurs de forêts noires, presqu’inquiétantes, en tout cas étranges, irréelles ou  sauvages. Depuis la fenêtre de  nos enfances perdues ces forêts-temples ont des vertus nostalgiques… on y cherche le chemin  du présent, au détour d’un tronc, d’une percée, d’une trouée… Dieu que le chemin de la vie est difficile, il est ici donné comme invisible, à nous, de le tracer, de le trouver, de le créer, de l’apprivoiser… car c’est celui qui regarde qui doit trouver…

 

Entrez dans ces forêts comme on entre en religion, avec confiance, avec foi, avec le désir de vous élever de vous envoler par-dessus les frondaisons, les ronces, les herbes et les buissons… Montez et glissez entre les troncs, allez plus haut vers les futaies légères, traversez les espaces et touchez à l’horizon…

 

C’est dans le silence qui monte vers les hauts que l’âme vole alors et glisse et enfin en ces espaces où l’on dialogue avec les dieux où l’on approche enfin le secret, tant des racines que des cieux…

 

En fait mesdames messieurs, les arbres parlent et disent tout bas, que c’est en toi qu’est ta vraie valeur … la sève monte et fait vivre ce message invisible qui  force  à lever les yeux et appelle à la vie !

 

Ce message secret de ces forêts sans fond, relève du défit : il s’écoute comme on peut écouter parfois en forêt… il se murmure tout bas ! Il dit : relève-toi ! Ne regrette pas les ombres du passé, ne te perds pas dans la forêt sombre des cœurs blessés, au contraire élève-toi vers la lumière des forêts enchantées vers les promesses des mondes à venir. Ce message fait de vides et de pleins, de noirs désespoirs … et de lumineuses échappées, est léger et lourd comme un mystérieux message d’amour, un message porteur de vie …

                                                                 Bertrand Schlund

                                                 Responsable du chemin d’Art Sacré en Alsace

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